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À propos de la cause en psychanalyse

Freud découvre que la cause de la pensée et du désir est "défaut de traduction" entre les représentations verbales, que les mécanismes qui ordonnent l'inconscient subvertissent la rationalité reposant sur les a priori kantiens. Ils méconnaissent la linéarité du temps et la géométrie binaire de l'espace, du fait de la l'absence de la négation. Freud construit intrinsèquement à la clinique de l'inconscient un savoir conforme à ces données. La cause du manque est rapportée au hiatus entre les chaînes verbales. Cherchant à la situer extrinsèquement dans la science positiviste du 19e siècle, Freud en appelle à l'hypothèse causale erronée, mais alors acceptée, de la transmission phylogénétique du souvenir de la menace d'un père d'une horde primitive et de la culpabilité de son meurtre. Biologie, logique, ethnologie, linguistique, psychologie invalident cette thèse. La psychanalyse est divisée. L' "Ego psychology" continue à s'en réclamer. Jacques Lacan, tenant compte de ces critiques dès 1938, formalise la raison inconsciente, la rationalité de la cause subjective, la consistance de la psychanalyse à partir d'approches topologiques successives (graphes et surface pour l'intrinsèque, nœuds pour l'extrinsèque). Il soustrait l'analyse à la critique poppérienne de tautologie et ouvre un champ clinique rigoureux indépendant de la biologie et de la psychiatrie. Son avancée ouvre sur une éthique du contemporain sujet sans altérité. Elle permet la transmission du savoir construit dans une cure. La topologie des nœuds, après 1972, implique des considérations nouvelles sur la "passe", dispositif inventée par Lacan dans son École de psychanalyse pour sanctionner la fin d'une cure et garantir la formation du psychanalyste
Thesis, Dissertation, French, 1999
[s.n.], [S.l.], 1999